La poule soie se garde bien dans un petit jardin, à condition de disposer d’un abri couvert accessible en permanence. Les barbes de ses plumes ne s’accrochent pas entre elles : la pluie traverse le plumage jusqu’à la peau. C’est aussi l’une des meilleures couveuses parmi les races d’ornement, au point de couver avec obstination.
L’essentiel
- Le plumage soyeux n’est pas imperméable : une Soie sous une pluie prolongée finit trempée et sèche lentement.
- La race se reconnaît notamment à sa peau foncée, à son cinquième doigt et à sa huppe.
- Sa forte aptitude à couver en fait une couveuse recherchée, mais une couvaison qui s’éternise se surveille.
- Distinguer un jeune coq d’une jeune poule reste difficile avant plusieurs mois.
- Elle ne convient pas à un jardin humide sans abri couvert ni à un parcours boueux l’hiver.
Périmètre Pour les particuliers qui envisagent quelques Soie en jardin. Ce dossier ne traite pas des naines en général, présentées dans le dossier poule naine, ni des soins vétérinaires.
Comment reconnaître une poule soie ?
La poule soie se reconnaît d’abord à son plumage, dont les plumes sans barbicelles (Wikipedia, Hobby Farms) donnent l’impression d’un duvet continu plutôt que de plumes distinctes. Quatre autres caractères la distinguent : une peau et des os de couleur foncée, cinq doigts à chaque patte au lieu de quatre, des pattes légèrement emplumées et une huppe sur la tête. Ces caractères figurent dans la description de la race par les standards avicoles ; la Fédération française des volailles publie chaque année la liste des variétés reconnues en France.
L’ancienne appellation « nègre-soie », encore employée, renvoie à la couleur foncée de la peau. Elle désigne la même race que la poule soie, et non une race voisine. La couleur du plumage varie selon la variété ; une couleur rencontrée chez un vendeur n’est reconnue que si elle figure sur la liste FFV de l’année.
La race existe sous plusieurs gabarits selon les standards. Avant un achat destiné à l’exposition, vérifiez sur la liste FFV dans quelle catégorie, grande race ou naine, le sujet est classé : un éleveur sérieux sait vous le dire.
Pourquoi son plumage craint-il la pluie ?
Une plume ordinaire est une surface fermée : ses barbes portent des barbules munies de minuscules crochets qui les accrochent entre elles, comme une fermeture à glissière. L’eau ruisselle dessus. Chez la Soie, ces crochets manquent. Les barbes restent libres, la plume reste ouverte, et l’eau passe à travers jusqu’à la peau.
Deux conséquences en découlent. Une Soie mouillée par temps froid se refroidit, car son plumage gorgé d’eau n’isole plus. Elle sèche ensuite lentement, d’autant plus que le duvet retient la boue des parcours détrempés. Le même plumage explique qu’elle ne vole pas : sans plumes fermées, les ailes ne portent pas.
Ce défaut apparent est aussi un atout pour le détenteur. Le plumage de la Soie limite fortement sa capacité à voler (Wikipedia, Hobby Farms) : une clôture basse suffit en général, et elle se garde dans un parcours sans filet de toiture, sauf en période où la réglementation impose de protéger les volailles des oiseaux sauvages (voir la checklist du détenteur).
Quel abri et quel parcours prévoir ?
L’abri couvert accessible en permanence passe avant tout le reste. Il ne s’agit pas seulement du poulailler où les poules dorment, mais d’un espace sec où elles peuvent rester dans la journée quand il pleut : un appentis, un parcours couvert sur une partie de sa surface, un auvent prolongé. Une Soie qui n’a que le choix entre le poulailler fermé et la pluie reste souvent dehors.
Le sol compte autant que le toit. Un parcours en terre nue devient boueux à chaque averse et salit durablement le duvet et les pattes emplumées. Un sol drainé, couvert de copeaux ou de sable dans la partie abritée, limite ce problème. Dans un jardin humide, prévoyez cette zone sèche avant l’arrivée des poules.
La Soie se contente d’un petit parcours. Elle gratte moins loin que des races plus actives et vit bien dans un jardin de taille modeste, à condition que la partie abritée soit assez grande pour tout le groupe. Le sélecteur de race tient compte de la surface et de l’humidité du climat.
Que faut-il savoir de la Soie couveuse ?
La Soie est connue pour son aptitude à couver, au point de servir de couveuse pour les œufs d’autres races. Elle peut se mettre à couver plusieurs fois par saison, y compris sur un nid sans œufs fécondés. Pour le détenteur qui veut des poussins, c’est un avantage ; pour celui qui n’en veut pas, c’est une poule qui cesse de pondre et reste au nid.
Une couvaison obstinée se surveille. La couveuse doit quitter le nid chaque jour pour manger, boire et fienter ; si elle ne se lève plus, elle s’affaiblit. Le calendrier de couvaison calcule les dates de mirage et d’éclosion à partir du jour de mise en couvaison, et rappelle quand retirer des œufs qui n’éclosent pas.
Le plumage soyeux joue aussi pendant la couvaison. Une couveuse qui sort boire sous la pluie revient mouillée sur ses œufs. Placez le nid de couvaison dans la partie la plus sèche de l’abri, avec eau et nourriture à portée immédiate.
Coq ou poule : comment les distinguer ?
Chez la Soie, le duvet masque longtemps les différences entre jeunes coqs et jeunes poules. Les signes apparaissent avec l’âge : une crête et des barbillons plus développés chez le coq, des plumes du cou et de la queue plus effilées, une attitude plus dressée, puis le chant. Avant plusieurs mois, aucun de ces signes n’est fiable seul.
Si vous ne voulez pas de coq, achetez de préférence des sujets adultes dont le sexe est certain. Un poussin vendu comme « poulette » reste un pari chez cette race, et un coq indésirable pose ensuite la question du voisinage.
À qui la Soie ne convient-elle pas ?
La Soie ne convient pas à un jardin humide sans abri couvert : c’est la limite principale de la race. Elle convient mal aussi à qui cherche une poule qui pond régulièrement, puisqu’elle passe une partie de la saison à couver. Elle supporte mal la cohabitation avec des races vives et plus grandes, qui peuvent la bousculer à la mangeoire ; un groupe de races de même gabarit lui convient mieux.
Pour un premier parquet dans un jardin humide, la rédaction recommande plutôt de regarder du côté des poules naines, et de la Pékin en particulier, à condition de soigner le sol. Sous un climat sec, avec un abri couvert, la Soie se défend très bien.
À lire ensuite
Les articles du blog qui prolongent ce dossier :
- Poule soie et pluie : protéger un plumage qui ne sèche pas
- Poule soie couveuse : gérer une couvaison qui s’éternise
- Poule soie : distinguer un jeune coq d’une jeune poule
- Nègre-soie : origine du nom et lien avec la poule soie
Avant de choisir, comparez la Soie aux autres races avec le sélecteur de race d’ornement, ou parcourez le blog de Nidplume.
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